A l’approche de la
ménopause, de nombreuses femmes ressentent une sensation de faim plus présente au quotidien. Loin d’être le signe d’un manque de volonté, ou un laisser aller, ces fringales s’expliquent par plusieurs changements féminins. Explications avec Orlane Fagnoni diététicienne et nutritionniste.
Beaucoup de femmes le constatent autour de la cinquantaine : des envies soudaines de sucre, de grignotage ou de réconfort alimentaire apparaissent, parfois alors même qu’elles n’avaient jamais eu de rapport particulier au sucre auparavant. Une évolution déroutante, parfois culpabilisante. Pourtant, comme l’explique Orlane Fagnoni, il ne s’agit ni d’un problème de volonté, ni d’un relâchement personnel. Ces fringales ont des causes biologiques et émotionnelles bien identifiées. Voici ce qu’il faut savoir.
Le premier mécanisme en jeu est hormonal. « À la ménopause, la baisse des œstrogènes vient perturber des hormones clés qui régulent l’appétit et l’énergie, notamment laleptine et la ghréline ». Jusqu’alors, elles permettaient de maintenir une glycémie relativement stable et d’envoyer au cerveau des signaux clairs de faim et de satiété.
Avec ces bouleversements, le cerveau devient plus sensible aux variations d’énergie. Il perçoit plus rapidement un manque, « même lorsque les besoins réels ne sont pas si importants ». Résultat : une sensation de faim plus fréquente et une impression de devoir « se resucrer » dans la journée pour tenir.
À cette période de la vie, le stress chronique et les troubles du sommeil deviennent également fréquents. Les réveils nocturnes, les insomnies ou un sommeil moins réparateur ont un impact direct sur l’appétit. « Or, le manque de sommeil augmente la production de cortisol, l’hormone du stress, qui stimule à son tour les envies alimentaires, en particulier pour les aliments sucrés » souligne l’experte.
Ce cercle est bien connu : plus on est fatiguée, plus le cerveau cherche une source rapide d’énergie et d’apaisement… et plus les fringales s’installent.
Orlane Fagnoni souligne aussi un facteur souvent sous-estimé : l’histoire alimentaire des femmes. « Beaucoup arrivent à la cinquantaine après avoir enchaîné des années de régimes, de restrictions et d’exigences envers leur corps. Ce phénomène de restriction prolongée rend le cerveau beaucoup plus réactif aux signaux de manque ».
Avec le temps, le cerveau développe une véritable résistance à la contrainte alimentaire. Dès qu’il perçoit une frustration ou un déséquilibre, il déclenche des comportements de compensation. « Les fringales ne sont alors pas un échec, mais une réponse de protection ».
Enfin, les fringales dites « émotionnelles » jouent également un rôle central. Fatigue accumulée, charge mentale, changements corporels, variations d’humeur… Cette période de transition peut s’accompagner d’un sentiment de perte de repères. Le corps ne réagit plus comme avant, le sommeil change, l’image de soi évolue.
« Dans ce contexte, la nourriture devient parfois un refuge. Elle offre un apaisement rapide, une baisse de la pression émotionnelle, un moment de réconfort immédiat ». Pour Orlane Fagnoni, ces fringales sont avant tout un signal d’adaptation : le corps et le cerveau tentent de faire face à un changement majeur.
Plutôt que de lutter contre ces envies, les approches les plus efficaces combinent un cadre alimentaire ajusté aux besoins hormonaux et un travail sur les automatismes émotionnels. Des outils comme la sophrologie, l’hypnose ou la gestion du stress permettent souvent de réduire durablement les fringales, en agissant à la fois sur le corps et sur le mental.
Des conseils simples et accessibles au quotidien peuvent aussi aider à rééquilibrer son rapport à l’alimentation :
Et peut être aussi changer de perception : après 50 ans, les fringales ne sont pas un problème à combattre, mais un message à comprendre.